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Comment éviter les erreurs de saisie dans les opérations logistiques ?

Une référence mal saisie, une quantité inversée ou un poids incorrect semblent être de simples erreurs administratives. Dans une opération logistique, elles se propagent dans plusieurs systèmes et provoquent des retards, des erreurs de facturation ou des difficultés lors du dédouanement.

Le problème est particulièrement important lorsque les données circulent entre emails, PDF, documents de transport, TMS, ERP, WMS et outils douaniers. Une même information peut être saisie plusieurs fois, par plusieurs personnes, dans plusieurs systèmes.

La première réponse consiste à réduire la saisie manuelle grâce à l’automatisation.

Mais automatiser la saisie ne garantit pas à lui seul la fiabilité des données.

Une information peut être correctement extraite d’un document et rester incohérente avec les autres informations du dossier. Pour réellement sécuriser les opérations, il faut aller plus loin : réduire les ressaisies, contrôler les données et vérifier leur cohérence à l’échelle du dossier de transport.

Pourquoi les erreurs de saisie sont-elles si fréquentes en logistique ?

Les opérations logistiques reposent sur une grande quantité d'informations qui doivent circuler rapidement entre plusieurs acteurs et plusieurs systèmes.

Une expédition internationale peut notamment mobiliser :

  • une commande ou un ordre de transport ;
  • une facture commerciale ;
  • une packing list ;
  • un Bill of Lading, une CMR ou un AWB ;
  • des documents douaniers ;
  • un certificat d’origine ;
  • une facture de transport ;
  • une preuve de livraison.

Ces documents arrivent par email, sous forme de PDF, via un portail partenaire ou directement depuis un système métier.

Les mêmes informations apparaissent à plusieurs endroits : références, quantités, poids, valeurs, devises, dates, adresses ou Incoterms.

Lorsque ces données sont ressaisies dans plusieurs outils, chaque nouvelle saisie constitue un risque supplémentaire d’erreur.

Les principales erreurs de saisie dans les opérations logistiques

Les erreurs concernent :

  • une référence mal renseignée ;
  • une quantité incorrecte ;
  • un poids mal saisi ;
  • une mauvaise unité ;
  • une adresse incomplète ;
  • une date erronée ;
  • un montant incorrect ;
  • une donnée copiée dans le mauvais dossier ;
  • une information qui n’a pas été mise à jour après une modification.

Ces erreurs ne résultent pas nécessairement d’un manque d’attention. Elles sont souvent liées à la multiplication des documents, des outils et des interventions manuelles.

Une donnée peut être erronée même sans erreur de saisie

C’est l’un des points les plus importants lorsqu’on cherche à fiabiliser les opérations logistiques.

Toutes les erreurs de données ne sont pas des erreurs humaines.

L’erreur de saisie

Un opérateur lit « 12 500 kg » sur un document et saisit « 12 050 kg » dans son système.

L’information présente dans le document était correcte, mais elle a été mal retranscrite.

L’erreur d’extraction

Un système automatisé analyse un document mais interprète incorrectement une information.

La saisie manuelle disparaît, mais le risque d’erreur ne disparaît pas nécessairement avec elle.

L’erreur de cohérence

C’est une situation différente.

Chaque donnée peut avoir été correctement saisie ou extraite, mais les informations présentes dans plusieurs documents ne concordent pas.

Prenons un exemple :

Document Poids
Facture commerciale 12 500 kg
Packing list 12 600 kg
Bill of Lading 12 850 kg

Les trois valeurs peuvent avoir été correctement extraites.

Pourtant, le dossier présente une anomalie.

La question n’est alors plus seulement :

Que contient ce document ?

Elle devient :

Les informations de l’ensemble du dossier sont-elles cohérentes ?

C’est précisément le rôle de la réconciliation documentaire : rapprocher les informations provenant de plusieurs sources afin d’identifier les écarts et les anomalies. Cette approche permet d’aller au-delà de l’extraction d’un document isolé.

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Comment éviter réellement les erreurs de saisie dans les opérations logistiques ?

Réduire les erreurs nécessite d’agir sur l’ensemble du parcours de l’information, et pas uniquement au moment de la saisie.

1. Supprimer les ressaisies inutiles

La première étape consiste à éviter de recopier manuellement une information déjà présente dans un email ou un document.

L’extraction automatique permet de :

  • récupérer les données d’un ordre de transport ;
  • extraire les informations d’une facture ou d’une packing list ;
  • traiter un Bill of Lading, une CMR ou un autre document de transport ;
  • préremplir un dossier dans un TMS ;
  • alimenter un ERP ou un autre système métier.

L’objectif est simple : capturer une information une fois et la réutiliser autant que possible.

2. Standardiser les données et les processus

La standardisation facilite également la détection des erreurs.

Elle porte sur :

  • les formats de données ;
  • les unités ;
  • les référentiels ;
  • les champs obligatoires ;
  • les règles de validation ;
  • les valeurs autorisées.

Plus les données sont structurées, plus il devient facile de contrôler automatiquement leur validité et leur cohérence.

3. Vérifier les données avant leur utilisation

Une donnée extraite automatiquement ne devrait pas nécessairement être considérée comme fiable par défaut.

Elle peut être contrôlée selon plusieurs critères :

  • format attendu ;
  • présence de l’information ;
  • cohérence avec un référentiel ;
  • cohérence avec les données déjà disponibles ;
  • conformité avec une règle métier.

L’objectif est de ne pas seulement extraire une donnée, mais de déterminer si elle peut réellement être utilisée dans le processus opérationnel.

4. Rapprocher les informations provenant de plusieurs sources

C’est souvent à ce niveau que les anomalies les plus difficiles à détecter apparaissent.

Une facture commerciale peut être comparée à une packing list. Une facture transport peut être rapprochée d’une cotation. Les données d’une déclaration peuvent être comparées aux documents qui la justifient.

Le système peut alors rechercher automatiquement :

  • des références différentes ;
  • des quantités divergentes ;
  • des poids incompatibles ;
  • des montants différents ;
  • des informations d’origine incohérentes ;
  • des documents obligatoires manquants.

Le processus ne s’arrête donc plus à l’extraction :

Extraire → vérifier → rapprocher → détecter les écarts → alerter.

Pourquoi automatiser la saisie ne suffit pas ?

L’automatisation permet de supprimer une grande partie des tâches répétitives. Mais elle ne doit pas être confondue avec la fiabilité.

Imaginons qu’une facture soit automatiquement analysée, que ses données soient extraites puis transmises directement au TMS.

Le processus est rapide.

Mais si la quantité indiquée sur la facture diffère de celle de la packing list, ou si le poids ne correspond pas au Bill of Lading, le système vient simplement de transmettre plus rapidement une information qui n’a pas encore été vérifiée.

C’est pourquoi le véritable objectif n’est pas seulement :

automatiser la saisie

mais :

automatiser la saisie tout en contrôlant la fiabilité de l’information.

Cette distinction est particulièrement importante lorsque plusieurs systèmes sont interconnectés. Une donnée incorrecte peut être automatiquement propagée vers plusieurs outils et devenir plus difficile à identifier et à corriger.

Pourquoi faut-il raisonner à l’échelle du dossier de transport ?

Une opération logistique ne repose presque jamais sur un document unique.

Les documents arrivent progressivement. Un ordre de transport peut être reçu en premier, suivi d’une facture, d’une packing list, d’un document de transport puis de documents réglementaires complémentaires.

Certaines pièces peuvent également être corrigées ou remplacées.

Le système doit conserver le contexte de l’opération au fur et à mesure que de nouvelles informations apparaissent.

C’est pourquoi le dossier de transport constitue un niveau de raisonnement plus pertinent que le document isolé.

Le document n’est alors plus considéré comme une information indépendante.

Le dossier devient l’objet à comprendre, contrôler et fiabiliser.

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Quels contrôles automatiser dans un dossier logistique ?

Une fois les informations rassemblées dans le contexte du dossier, de nombreux contrôles peuvent être automatisés.

Contrôler la facture commerciale et la packing list

Le système peut comparer :

  • les références ;
  • les quantités ;
  • les poids ;
  • les valeurs ;
  • le nombre de colis.

Contrôler les documents de transport

Les informations présentes dans un Bill of Lading, une CMR ou un AWB sont comparées avec les autres données disponibles dans le dossier.

Vérifier les données douanières

Les contrôles peuvent notamment porter sur :

  • la cohérence entre la description de la marchandise et le code HS ;
  • le pays d’origine ;
  • les documents nécessaires ;
  • les informations présentes dans les différentes pièces du dossier.

Contrôler les factures de transport

Les montants facturés sont rapprochés des conditions tarifaires ou des cotations disponibles afin d’identifier les écarts.

Ces contrôles permettent de détecter les anomalies avant qu’elles ne deviennent des erreurs opérationnelles. Docloop utilise notamment le rapprochement de données provenant de plusieurs sources pour identifier les incohérences et effectuer des contrôles de cohérence et de conformité.

Quel rôle pour l’humain dans un processus automatisé ?

Réduire les erreurs de saisie ne signifie pas nécessairement supprimer l’intervention humaine.

L’automatisation prends en charge les tâches répétitives :

  • récupérer les documents ;
  • extraire les données ;
  • structurer les informations ;
  • effectuer les contrôles ;
  • rapprocher les différentes sources ;
  • identifier les anomalies.

L’opérateur intervient lorsqu’une information est incertaine ou lorsqu’une décision métier est nécessaire.

L’objectif est de concentrer l’expertise humaine sur les exceptions, plutôt que sur la retranscription systématique des mêmes informations.

De la réduction des erreurs de saisie à la fiabilisation documentaire

La question des erreurs de saisie conduit finalement à un problème plus large.

Il ne suffit pas de faire disparaître la saisie manuelle. Il faut s’assurer que l’information qui entre dans le processus logistique est fiable, cohérente, complète et exploitable.

Cela implique de passer progressivement de :

saisir → vérifier

à une logique plus complète :

capturer → comprendre → vérifier → rapprocher → détecter → recommander.

Cette évolution change également la manière de concevoir l’automatisation documentaire.

Le document n’est plus nécessairement l’unité centrale du traitement. Le système doit pouvoir comprendre les relations entre plusieurs documents, conserver le contexte de l’opération et identifier les anomalies qui apparaissent au niveau du dossier.

C’est dans cette direction que se développe une nouvelle génération d’IA documentaire : une IA capable non seulement de lire et d’extraire les informations, mais aussi de raisonner sur le dossier, de contrôler sa cohérence et recommander les actions nécessaires, à la validation de l'opérateur

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